Jour et nuit : ce que révèlent les paroles d’élèves de cycle 2
Dans le cadre du LéA-IFÉ Vivre l’Astronomie en primaire (VIVAP), des entretiens ont été menés avec des élèves de cycle 2 à partir de dessins et de courts textes réalisés sur le thème du jour et de la nuit. L’équipe du LéA-IFÉ VIVAP nous partage des éléments de ces échanges et les perspectives pour la suite de leur travail.
Ces entretiens ont eu lieu avant toute séquence d’observation du ciel ou de travail sur les ombres, et permettent ainsi d’accéder aux conceptions initiales des élèves. L’objectif n’était pas d’évaluer des connaissances, mais de comprendre comment les élèves donnent sens à ces phénomènes quotidiens, en les invitant à raconter, expliquer et décrire ce qu’ils avaient représenté.

Le jour et la nuit, d’abord une expérience vécue
Un premier constat s’impose rapidement : pour beaucoup d’élèves, le jour et la nuit sont définis à partir de leur vie quotidienne.
Le jour, c’est le moment où l’on va à l’école, où l’on joue, où « il y a de la couleur ».
La nuit, c’est le moment où l’on dort, où l’on est dans son lit, où « c’est tout noir ».
Le passage du jour à la nuit est souvent raconté à travers l’endormissement et le réveil. On s’endort, puis « après, c’est le jour ». Le phénomène est alors pensé comme une transition personnelle, plus que comme un changement du monde extérieur.
La lumière comme repère central
Dans presque tous les entretiens, la lumière apparaît comme le critère principal pour distinguer le jour et la nuit. Les élèves opposent spontanément le clair et le foncé, le visible et l’invisible.
Pour autant, cette lumière reste peu expliquée. Elle est décrite comme une propriété globale de l’environnement, sans être reliée explicitement à une source. Dire qu’il fait jour, c’est dire qu’il y a de la lumière, mais rarement pourquoi.
Soleil, Lune, étoiles : des signes plus que des causes
Les objets du ciel sont bien présents dans les discours des élèves. Le Soleil est associé au jour, la Lune et les étoiles à la nuit. Ces éléments fonctionnent surtout comme des indices permettant d’identifier le moment de la journée.
En revanche, le Soleil est rarement mobilisé comme source de la lumière. Il fait partie du décor du jour, mais n’est pas encore pensé comme ce qui éclaire et produit des effets observables.
Des idées explicatives encore fragiles
Chez quelques élèves, on observe l’apparition d’idées plus générales : les étoiles seraient présentes le jour mais invisibles, la Terre tournerait sur elle-même. Ces propos montrent une première ouverture vers des explications plus globales.
Cependant, ces idées restent souvent isolées et peu reliées à l’expérience vécue. Elles ne structurent pas encore l’ensemble du raisonnement des élèves.
Ce que ces entretiens apportent au projet LéA-IFÉ VIVAP
Ces entretiens mettent en évidence des modèles du jour et de la nuit principalement fondés sur le vécu, la perception et les routines sociales. Ils montrent aussi, en creux, ce qui ne se construit pas spontanément chez les élèves : la notion de source lumineuse, le lien causal entre position du Soleil et lumière, ou encore la dissociation entre point de vue local et phénomène global.
Ils éclairent ainsi l’intérêt des séquences développées dans le LéA-IFÉ VIVAP en cycle 1 autour de l’observation du ciel et des ombres, et ouvrent des perspectives pour le cycle 2 : reprendre le travail sur les ombres, non pour découvrir le phénomène, mais pour l’utiliser comme outil de raisonnement, pourrait constituer un levier important pour faire évoluer ces conceptions initiales.
Les paroles d’élèves rappellent enfin un point central de la recherche en didactique : comprendre comment les élèves pensent le monde est une condition essentielle pour concevoir des situations d’apprentissage qui fassent réellement sens pour eux.
Retrouvez tous les articles de blog du LéA-IFÉ Vivre l’astronomie en primaire (VIVAP)
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Emmanuel Rollinde (23 décembre 2025). Jour et nuit : ce que révèlent les paroles d’élèves de cycle 2. LE BLOG DU RÉSEAU DES LéA-IFÉ. Consulté le 16 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/15evr
