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Retour d’expérience sur les premières observations de terrain au Micro collège d’Amiens

Observer un collègue : pourquoi ? où ? quand ? comment ? qui ? Dans cet article, retrouvez un témoignage co-écrit par des membres du LéA-IFÉ Collège, lycée et enseignants de l’alternatif (CLEA) sur des observations de terrain.

Lançons-nous dans l’observation… Acceptons qu’un collègue entre dans notre espace intime d’enseignant(e), qu’il ou elle porte un regard, peut-être un jugement ?, sur nos pratiques, nos gestes professionnels, notre personnalité professionnelle.

Pourquoi ces observations ?

En premier lieu, pour faire marquer la toute première étape de notre projet de recherche. Partons d’une première expérience d’observation pour ensuite en analyser les biais et les écueils et pour en extraire quelques premiers points d’intérêt pour notre LéA.

Commençons également à nous détendre avec l’idée même d’être observé.e.s : partageons nos espaces d’enseignants sans gêne ni crainte. Créons une habituation afin de préserver le naturel, la spontanéité des pratiques.

Et, surtout, prenons plaisir à partager nos expériences.

Le Micro-collège est un cadre qui permet facilement ces observations. C’est un espace ouvert qui n’appartient à personne en particulier, mais plutôt qui appartient à tous. C’est un espace que l’on construit peu à peu, collectivement, en l’habitant. Ce n’est pas notre classe, notre salle, ce ne sont pas nos élèves.

N’est-il pas fréquent de voir, en plein cours, passer la tête d’un(e) collègue pour dire bonjour, aux élèves et à nous-même, ou de le voir entrer dans la salle de classe pour nous dire quelques mots qui ne peuvent pas attendre ? Nous sommes finalement déjà habitués à être « dérangés » eu égard au déroulement classique d’un cours.

L’observation est pour nous un exercice nouveau mais elle s’inscrit naturellement dans une démarche d’équipe, dans notre façon de travailler dans ce contexte de la structure de retour à l’école.

Où et quand ? Notre porte est ouverte au Micro-collège. L’espace est restreint. En ouvrant les portes des salles de classe, nous voyons ce qui se passe dans les couloirs et les « passants » du couloir peuvent également voir la salle de classe.

Observer la salle de cours, le couloir, le bureau, les toilettes ? Non. Pour le moment, nous avons choisi d’observer non des lieux mais des temps qui nous semblaient significatifs : le temps du cours, le temps de pause de l’équipe, le temps du repas de l’équipe, le temps de l’accueil des élèves le matin.

Comment ? Nous observons notre collègue en notant tout ce qu’on voit : gestes, regards, propos, postures, déplacements, interactions verbales et non verbales… L’objet de la recherche ne porte pas sur le contenu didactique mais bien sur la professionnalité du collègue.

Pour tout transcrire nous avons choisi un beau cahier ou un ordinateur et c’est parti ! : bouche cousue et yeux grands ouverts.

Nous sommes au seuil de notre recherche, c’est la première étape. Elle est teintée de naïveté puisqu’il s’agit de recueillir un maximum de données brutes : tout ce qui s’offre au regard est digne d’intérêt, sans pour le moment de typologie, sans faire le choix d’un angle d’observation. C’est à partir de ces observations spontanées que nous ferons des recoupements. Nous faisons l’hypothèse que les différentes observations vont se faire écho, que leur croisement va faire surgir différents points communs qui pourront caractériser des gestes professionnels propres à la Structure de Retour à l’Ecole (SRE).

Nous pourrons alors construire collectivement des grilles d’analyse affinées, précises, problématisées qui seront ensuite le support à un second tour d’observations plus méthodiques et plus affutées.

Ces observations sont fatigantes car tout semble compter et que nous nous efforçons de faire le moins de tri possible. Surtout les petits détails. Peut-être que ce sont eux, ces micro-détails, qui constituent aussi des gestes professionnels ?

Qui ?

Nous sommes tour à tour sujet et acteur, objet et spectateur, observé et observateur. Il n’y a pas de cobaye. Les six collègues engagés dans le LéA participent. Deux collègues, non actives dans le LéA, acceptent même d’être observées. Cette observation se veut la plus généralisée possible, entière, sans filtre.

Nous n’observons pas un élève en train de travailler ni un collègue stagiaire en train de faire ses premiers pas. Nous observons un.e professionnel.le dans son environnement. La confiance mutuelle est un préalable.

Et alors ?

Nos observations sont –elles neutres ? Est-ce que ce que j’observe est utile ? Qu’écrivent les autres ? Comment ressentent-ils ce qu’ils observent ? Ces observations génèrent plus de questions que de réponses et c’est très réjouissant ainsi, nous avons hâte de voir ce que nous allons pouvoir tirer de ce matériau.

L’équipe a apprécié ce temps d’observation. C’est l’occasion d’une vraie pause dans nos journées, d’un temps où d’acteur l’on devient spectateur. Ce changement de posture permet distance et réflexion.

Article co-écrit par Anne-Sophie Caron et Emma Croisé

 

Retrouvez tous les articles de blog du LéA-IFÉ Collège, lycée et enseignants de l’alternatif (CLEA)

Estelle Cambay pour le CLEAA
Estelle Cambay pour le CLEAA

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Estelle Cambay pour le CLEAA (21 mai 2025). Retour d’expérience sur les premières observations de terrain au Micro collège d’Amiens. LE BLOG DU RÉSEAU DES LéA-IFÉ. Consulté le 4 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/13zo0


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